La grande histoire du carnaval

L'histoire du carnaval dans le temps et l'espace, c'est l'histoire du carnaval de Guyane, c'est l'histoire de KOUMAN dans la culture guyanaise.

L'histoire carnavalesque de KOUMAN en Guyane est indissociable de l'histoire universelle et intemporelle depuis la création de l'humanité jusqu'à aujourd'hui.

Tan alé pa ka rourivé

Iguane 170220

Qui n'a jamais imaginé que le carnaval est "vieux comme le monde" ?

Dans les lignes qui suivent, une histoire vieille de près de 14 milliards d'années. Si ! Si ! Lisez, vous découvrirez ici :

1. Le temps de l'histoire
2. L'histoire du calendrier carnavalesque
3. Les dates calendaires du carnaval de Guyane
4. D'hier à d'aujourdhui, le carnaval de Guyane

Lorsque vous aurez lu et retenu, d'autres perspectives sur les pages suivantes (liens ici, dans l'en-tête et en bas de page) :
- L'histoire du carnaval avec KOUMAN
- De l'HOmme, la femME au touloulou du carnaval de Guyane

et enfin pour plus tard, encore d'autres informations (liens ici, dans l'en-tête et en bas ... du bas de page). 
. Touloulou de Guyane
. Carnaval de Kouman

Mais comme toute bonne histoire, commençons par le début.

1. Le temps de l'histoire

On estime le « big bang » à 13,8 milliards d'années. Il a suffi de 10E-43 secondes pour que les particules atomiques élémentaires se différencient et soit définie la structure de l’univers. Un quart d’heure plus tard le noyau de l’hélium est constitué mais il faudra 300 000 ans de plus pour que se forme l’atome d’hélium (identifié en 1868, du grec Hλιος, Hélios, le Soleil). Plus léger que l'air, ce gaz noble, rare, inodore, incolore et non toxique modifie la voix qui devient plus aigüe quand il est inhalé. Fou rire garanti ! Le premier élément de l'histoire du rire, incontournable dans la fête et le carnaval, a donc 13 799 700 000 ans.

Les étoiles et les planètes sont apparues au bout de 5 milliards d’années. La Terre existe depuis 4,6 milliards d’années, les océans depuis 4,2 et les origines de la vie depuis 3,8. Les plus anciens fossiles de cellules sont datés de 3,2 milliards d’années. A partir de 2,7 milliards d'années, il n'y a plus de controverses. Le plus ancien champignon nommé Ourasphaira giraldae aurait entre 900 millions et 1 milliard d'années. Les poissons voient le jour il y a 550 millions d’années, les dinosaures 230 millions d’années et la branche de l’homme environ 7 millions d’années. La bipède Lucy est âgée de 3,2 millions d’années et l'âge moyen des membres du groupe carnavalesque KOUMAN d'environ cinquante ans.

Manare 2001 Des monstres aux homonidés de 2001  Tribu2001

Si l’homo sapiens moderne apparaît il y a 300 000 ans, la découverte de l'Amérique aurait débuté il y a 50 000 ans et celle de la Guyane 5 000 ans avant JC. La vie en société ne s'est structurée qu'il y a 10 000 ans, les premiers villages -5 000 (Moyen-Orient), et l’écriture -3 000 (pictogrammes mésopotamiens). Les premiers agriculteurs de maïs, manioc, piment ou patate douce s'installent sur le littoral guyanais entre 800 et 1 000 après JC. Il faudra toutefois attendre le 18 janvier 1991 pour que KOUMAN se déclare en association à la Préfecture de la Guyane.

Au IIIème millénaire avant notre ère, selon les Egyptiens qui considéraient qu'il n'existe qu'un seul dieu, éternel n'ayant ni début ni fin, « naissait » Amon le dieu soleil originel aux multiples facettes (Khépri le soleil levant, Rê au zénith et Atoum au couchant).

Dieu unique né d'un lotus issu de la terre émergée dans l'océan primordial (le Noun), il engendra probablement par scissiparité (reproduction asexuée par division de lui-même) le premier couple divin :

Shou (le souffle vital) 

 

 

 

 

et Tefnout (la puissance)

 

Bien que frère et sœur, si cette notion a du sens quand il n'y a qu'un seul géniteur hermaphrodite, ces derniers eurent deux enfants:

 

Nouit (le ciel)

et Geb (la terre)

 

 

 

 

L'inceste servant la procréation, il advint ce qui devait advenir. Le ciel et la terre étaient si amoureux qu'ils restèrent imbriqués l'un dans l'autre.

Ni le soleil, ni l'air, ni la chaleur ne pouvaient circuler. Rê, mécontent, obligea Shou à séparer les deux égoïstes et décréta que les quatre enfants de Nouit, identifiés à l'échographie, ne pourraient pas naître pendant l'année solaire.

Comme dans les contes de fée, Thot, également issu de Rê qui lui avait confié la lumière de la nuit, joua (certains, en Guyane, disent au domino) avec la lune et gagna cinq jours supplémentaires qui furent rajoutés à la suite des douze mois solaires. On les appelle jours épagomènes, information dont feraient bien de s'inspirer certains organisateurs de réunions. C'est ainsi que grâce à ce dieu lune à tête d'ibis (de Guyane ? … l'histoire ne le précise pas) qui remplace Rê quand le soleil a disparu, incarnation de l'intelligence et du verbe, inventeur de l'écriture et du calendrier, que Nouit put donner naissance à ses quatre enfants.

Comme le carnaval le plus long du monde, le premier jour naquit Osiris (juge suprême des hommes), le troisième jour Seth (qui assassinera et dépècera son frère en quatorze morceaux), le quatrième jour Isis (rusée qui obtiendra de Rê le pouvoir de la magie) et le cinquième jour Nephtys (épouse de Seth et mère d'Anubis conçu avec Osiris, ceci expliquant cela).

Isis, déesse mère de la création, retrouvera treize morceaux de son frère dépecé et recomposera Osiris, fabricant le quatorzième morceau manquant, son sexe, pour concevoir Horus, l'ancêtre de tous les pharaons.

L'histoire ne dit pas si cet appendice nécessaire pour la reproduction de l'espèce divine qu'est le genre humain fut le premier sex-toy mais c'est probablement là que le carnaval trouve son origine, dans les processions festives du culte d'Isis la magicienne et la conception des costumes de parade à partir de tout et de rien. KOUMAN perpétue cette tradition millénaire dans ses ateliers de confection des accessoires des défilés de rue, sa musique cadencée et ses chants.

Les récits mythologiques racontant la vie et la mort d'Isis alimenteront le culte de la déesse en Egypte, en Grèce et en Italie pendant près d'un millémaire. Isis reste toujours vénérée lors de cultes paîens et de cérémonies initiatiques. Décapitée par Horus, son fils, en colère à l'issue de son combat contre son oncle Seth pour la succession d'Osiris, elle apparaît aujourd'hui, hors l'histoire du carnaval, dans un palindrome fécétieux dont la langue française a le secret : " Noir, ô hélas, Isis a le horion".

2. L'histoire du calendrier carnavalesque

Dans la Rome antique, selon le calendrier « romain » de l'ère républicaine, mis en œuvre plus de 150 ans avant JC, l'année commençait aux ides (13ème ou 15ème jour du mois) de printemps, le 15 mars, précédée de dix jours de fêtes. Chaque calende, premier jour du mois lunaire, les pontifes déterminaient pour le mois suivant les dates des fêtes mobiles, bien plus nombreuses que nos onze jours fériés annuels. La définition de ce calendrier était importante pour les débiteurs qui devaient payer leurs dettes enregistrées dans les registres de compte appelés « calendaria ». Renvoyer aux calendes grecques se référait à l'absence de calendrier chez les Grecs, c'est-à-dire à plus tard ou jamais d'autant que l'année comptait environ … 300 jours de fêtes ! Compte tenu de la différence entre ce calendrier lunaire et l'année solaire, un mois intercalaire de 27 jours devait être ajouté tous les deux ans, juste avant le début de la nouvelle année. A l'époque, l'école n'était pas obligatoire et les pontifes pas très sérieux. Il s'en est suivi quelques approximations. Si cela avait perduré, KOUMAN serait certainement intervenu auprès des autorités afin de trouver une solution aux difficultés de programmation de la future saison carnavalesque.


C'est Jules César qui a imposé le calendrier « julien » calqué sur le cycle solaire à partir de l'an 45 avant JC. L'année qui commencera dorénavant le 1er janvier, jour de l'élection des consuls de Rome, est divisée en douze mois avec une année bissextile tous les quatre ans. Cette normalisation du temps ne lui réussira pas puisqu'il sera assassiné le 15 mars 44 avant JC, aux ides de printemps, précédemment premier jour de l'an. Le futur calendrier carnavalesque connaîtra d'autres péripéties, les mêmes pontifes réitérant les mêmes erreurs, par exemple l'oubli d'ajout du jour supplémentaire. Les dénominations « julius » en hommage à César ou « augustus », pour les deux mois d'été d'une même durée de 31 jours en hommage à son successeur Auguste, apparaissent. La semaine de sept jours de la coutume juive avec, pour la grande satisfaction de KOUMAN, le dimanche de repos est adoptée au Vème siècle après JC.


En 527 le moine scythe Denys le Petit qui travaillait sur le calcul de la date de Pâques, date importante pour le bouillon d'awara en Guyane, établie au concile de Nicée en l'an 325 : « Pâques est le dimanche qui suit le 14e jour de la Lune qui atteint cet âge au 21 mars ou immédiatement après », fixa l'année 1 à compter du 1er janvier suivant la naissance du Christ, 753 ans après la création de Rome. Cette convention fait l'objet de contestation au motif que le roi Hérode, gouverneur de Judée à la naissance du Christ, serait mort en 750 selon l'historien juif Flavius Joseph du 1er siècle après JC mais aussi selon la Bible qui rapporte la mort de ce roi quelques jours après la naissance du Christ. Qu'il n'existe pas d'année 0 ou que Jésus soit né 4 ou 6 ans plus tôt, n'est pas en soi très important, par contre la date de Pâques est fondamentale pour le futur calendrier carnavalesque guyanais.

Ti punch  Bouilonawara regina  Bouillonawara mana

Ti'punch et bouillon d'awara, les ... fondamentaux culturels guyanais de Pâques

En 1582, la différence entre la durée de l'année du calendrier julien (en moyenne 365,25 jours) et celle de l'année équinoxiale plus courte dite tropique (période de révolution de la rerre autour du soleil : 365,2421897 jours solaires moyens de 86 400 secondes, arrondi à 365,2422) qui garantit le retour du soleil à l'équinoxe de printemps donc des saisons aux mêmes dates générait un écart de 3 jours sur 400 ans (12 minutes par an). La situation était devenue insupportable du fait des 10 jours qui empêchaient le calcul de la date mobile de Pâques dans le calendrier liturgique. Une nouvelle règle est ajoutée par le pape Grégoire XIII : le jour bissextile est supprimé pour les années séculaires dont le millésime n'est pas divisible par 400 (1700, 1800, 1900, 2100...). Le calendrier français sera définitivement arrêté le 9 septembre 1805 et la fin de la saison carnavalesque de Guyane pourra être bornée par l’arrêté municipal du 22 janvier 1885 dans son article 3 « Le mercredi des cendres, aucune personne masquée, déguisée ou travestie, ne pourra se montrer sur la voie publique après sept heures du soir ». 

3. Les dates calendaires du carnaval de Guyane

Transgression à la règle religieuse, le carnaval de Guyane prend fin le Mercredi des Cendres, premier jour de carême qui s'achève le Jeudi Saint, jour où le Christ aurait fait son dernier repas avec les apôtres. La durée du carême de quarante jours, sans compter les dimanches, correspondant aux quarante années passées dans le désert par le peuple d’Israël entre sa fuite d’Égypte et son installation en terre promise ainsi qu'aux quarante jours passés par le Christ dans le désert après son baptême. Pour les chrétiens, Pâques (au pluriel depuis le XVIème siècle) est jour de réjouissance puisqu'il commémore la résurrection du Christ. Pour les juifs, Pâque (au singulier) commémore la libération du peuple juif sorti d'Egypte en traversant à pied la Mer Rouge. Fête païenne dans l'Antiquité, Pâques signifie le renouveau, la fin de la période hivernale, le réveil d'une déesse ou d'un dieu. Date importante pour les croyants comme pour les non croyants, Pâques et son carême déterminent le calendrier carnavalesque de Guyane.


La première fête ouvrant la saison carnavalesque en Guyane est l'Epiphanie qui célèbre le 6 janvier la venue du Messie et l'hommage des Mages, personnages énigmatiques venus d'Orient donc non juifs, à l'existence historique incertaine dont le nombre varie de deux à douze et devenus rois au XIIème siècle. La tradition en retient trois, en référence à l'évangile de Matthieu qui cite leurs présents, l'or, l'encens et la myrrhe. Trois est également le nombre d'âges de la vie auxquels sont représentés les rois. Ce n'est qu'au VIème siècle qu'apparaissent les noms de Balthazar, Gaspard et Melchior. A Cayenne quelques esprits cabotins du carnaval citent un quatrième apôtre Garré. La fête des Rois est particulièrement joyeuse en Guyane où KOUMAN ne faillit pas à la tradition. Tous les lundis de janvier, à l'occasion de la réunion des membres du groupe, plusieurs galettes sont partagées et arrosées, la reine et le roi ayant trouvé la fève étant désignés pour alimenter la réunion suivante. Ailleurs, des soirées associatives, privées et publiques animent les fins de semaine de janvier.

Gdeparade2009

La Chandeleur, fête d'origine païenne devenue religieuse correspond à la présentation du Christ au temple, quarante jours après sa naissance (conventionnellement fixée au 25 décembre par le pape Libère, dès 354,  pour suppléer la fête populaire romaine du « soleil invaincu » qui célébrait le solstice d'hiver puis confirmée par le moine Denys le Petit dont les calculs ajustaient cette naissance 9 mois après le 25 mars, jour de l'Annonciation). Selon la tradition juive, le premier né mâle était amené au temple afin d'être consacré au Seigneur, une fois la période d'impureté post accouchement de sa mère achevée. Une galette était partagée. La coutume de cuisiner des crêpes avec la farine de l'année précédente, une pièce de monnaie dans la main, traduit l'espoir de lendemains meilleurs. Le terme chandeleur vient du latin candelarum, chandelle, fête de la « Lumière ». La date du 2 février est fixe.

Aysoleil

Pour la fête des Lupercales qui avait lieu du 13 au 15 février, les prêtres romains sacrifiaient un bouc dans la grotte où, selon la légende, la louve avait allaité les deux jumeaux Romulus et Rémus au pied du mont Palatin. Cette fête païenne de purification était organisée en l'honneur du dieu Faunus Lupercus, divinité de la fertilité, défenseur des troupeaux contre les loups, mi homme mi bouc. Elle ouvrait une nouvelle année de fécondité. Le bouc symbolisait à l'époque la luxure (image restée ambigüe : ne parle-t-on pas de bouc-émissaire ou n'utilise-t-on pas un bouc pour représenter l'antéchrist ?). Des groupes de jeunes gens scarifiés en éclatant de rire, déguisés en bouc, frappaient les femmes de Rome qui désiraient avoir un enfant (selon ces hommes en ruth), avec des lanières taillées dans la peau de l'animal sacrifié. En 494 le pape Gélase Ier interdit cette fête orgiaque de dépravation et choisit Valentin de Terni, moine martyrisé et décapité le 14 février 269 par l'empereur Marcus Aurelius Claudius Gothicus, dit Claude le cruel, comme patron des amoureux et des fiancés. Il décrète que le 14 février lui serait consacré. La religion catholique fige le calendrier festif confirmant ce qui deviendra la période carnavalesque.

Mardi gras, fixé 47 jours avant Pâques, précède le mercredi des Cendres, premier jour du carême où sont proscrits le plaisir, le sexe, la fête, la danse, Ce jour gras est le dernier avant les jours maigres et le jeune. C'est le jour du carnaval dont l’étymologie italienne du mot viendrait du latin “carne vale” (adieu à la viande) ou  “carnem levare” (supprimer la viande) qui correspond à la période festive précédant le jeûne du carême. Le carnaval guyanais s'achève chaque année avec les jours gras, le calendrier scolaire en est même tributaire :

- Le lundi gras est le jour des mariages burlesques, inversion comique, grotesque voire obscène. Les hommes déguisés en femmes et les femmes en hommes défilent en cortèges nuptiaux avec maire, curé et enfants de chœur. Ce type de défilés populaires dans les rues remonte aux fêtes de l'empire romain, à la fête des Saturnales où les esclaves jouissaient d'une liberté temporaire. Au XIème siècle, à l'époque médiévale, l'ordre du monde inversé prenait date.
- Le mardi gras est le jour des diables noirs et rouges, rite païen des calendes romaines de mars qui transgressait les interdits. Les spectateurs s'habillent généralement dans la couleur du jour. Longtemps, jusque dans les années 50, ce jour fut le plus important du carnaval guyanais.
- Le mercredi des Cendres est le jour de l'incinération sur le bûcher du roi du carnaval accompagné des diablesses noires et blanches. Sa mise à mort marque la fin des réjouissances de rue et la fermeture des dancings.

4. D'hier à aujourd'hui, le carnaval de Guyane

Le carnaval de Guyane a pour origine les carnavals européens apportés par les colons qui organisaient des fêtes travesties dans leurs résidences. Bravant les interdictions, les esclaves  participaient à des fêtes clandestines se couvrant de mélasse ou de farine. Vers 1840, la colonie comptait comptait environ 5 000 Blancs et « Hommes de couleur libres » et 16 000 esclaves. Le carnaval guyanais se développera à partir du groupe majoritaire issu des esclaves libérés et leurs descendants et de la contribution des anciens colons européens définissant la culture « créole » par la pratique du détour. Aux thèmes européens s'intègreront progressivement la tradition africaine et plus récemment les pratiques carnavalesques des populations immigrées (Antilles, Brésil, Colombie, Dominique, Haïti, Pérou, Sainte Lucie ...) faisant du carnaval guyanais un carnaval métissé qui reflète toute la diversité ethnique de la Guyane.

De ces époques lointaines ou récentes subsistent les constantes du carnaval, notammment le masque (maquillage...), accessoire caractéristique du carnaval traditionnel guyanais :

Le déguisement et le masque permettent aux carnavaliers les excentricités que la société réprouve dans son quotidien.

Les dérives ont toujours marqué l'histoire du carnaval (violence physique et verbale, libération sexuelle, surconsommation alimentaire ou d'alcool). Pendant ces journées de fête, on prend parfois de grandes libertés avec la loi et la morale.

Le symbole du feu sacrificiel, purificateur, régénérateur qui se retrouve dans la mise à mort d'un mannequin bouc-émissaire, pour tous les maux de l'année passée, en général le jour des Cendres.

La caricature, la dérision, le scabreux, la pornographie sont effacés.

Avec la fête vont les débordements, c'est pourquoi la transgression festive a toujours fait l'objet d'une volonté d'encadrement par les autorités publiques. L’arrêté municipal du 22 janvier 1885 relatif aux mesures d’ordre à respecter pendant la durée du carnaval édictait déjà dans son article 2 :

« Il est interdit : 
1) de paraître sous le masque avant midi et après six heures du soir ;
2) de prendre un déguisement qui serait de nature à troubler l’ordre public ou à blesser la décence et les mœurs ;
3) de porter aucun insigne, aucun costume appartenant aux cultes légalement reconnus par l’Etat, ou ayant rapport à des fonctions publiques ;
4) de provoquer qui que ce soit par des invectives, des mots grossiers, et de faire entendre des chansons licencieuses. »

Le carnaval d’antan n’était pas à proprement parler un carnaval populaire. Avant la Seconde Guerre mondiale, les bonnes familles de Cayenne ne participaient qu'aux chars fleuris de la mi-carême. Le dimanche, elles regardaient passer les carnavaliers depuis leur balcon. Dans les années 50, les Saint Luciens intègrent les défilés avec de nouveaux costumes caribéens. Puis, malgré la xénophobie endémique, les groupes brésiliens, professionnels sponsorisés, s'introduisent dans les rues de Cayenne avec de grands chars motorisés sur des rythmes de sambas. Les Haïtiens amènent de nouveaux sons issus de longs bambous (vaccines) ou de cornets en zinc dans lesquels ils soufflent. Jusqu'à la création en 1972 du premier groupe structuré en association (Porcs-épics) avec une recherche esthétique, chorégraphique ou musicale et la recherche de sponsors, les groupes spontanés se ralliaient à un leader et défilaient en chantant.

Logo aktm

Ces leaders, c'est l'histoire de familles guyanaises et en particulier de la famille GONZIL qui a créé son carnaval, assuré l'animation des rues et formé de nouveaux leaders qui créeront leur propre groupe.

Issue du groupe SCORPIONS, l'Association Kouman de Tonate Macouria (AKTM) qui navigue d'abord entre Macouria et Cayenne devient en 1991 l'association KOUMAN pour "promouvoir le carnaval et participer artistiquement".

KOUMAN ? : " Comment allons nous nous appeler ? "

Logo scorpions kouman

L'esprit KOUMAN est né avec Christian GONZIL et José ELORE, toujours présents et leaders historiques du groupe. La musique et les chants de KOUMAN vont se développer au sein d'une association volontairement limitée à une taille humaine. Cela lui permettra de devenir la plus ancienne association carnavalesque de Guyane actuellement en activité derrière une banderole de cavalcade ... avec SCORPIONS.??

"Le Président"

Christian GONZIL

Les hominidés

du "big BAND"

venus de SCORPIONS

créateurs de KOUMAN

"Trésor"

José ELORE

L'année 1993 marque le début d'une nouvelle ère pour le carnaval de Guyane avec la création du Comité des Festivals et Carnaval de Guyane (devenu Fédération en 1996 puis Union en 2010) et l'ouverture des festivités par le roi Vaval. Des groupes ethniques voient le jour : les Chinois sortent les dragons, les Péruviens participent aux grandes parades, les fonctionnaires métropolitains se constituent en association carnavalesque. Les défilés de rue sont devenus l'objectif d'associations de quartier subventionnées, de projets d'école, d'animateurs salariés. Le carnaval de Guyane s'est transformé progressivement en carnaval spectacle dans lequel les groupes historiques, porteurs de la tradition carnavalesque, ont du mal à résister. A effectif restreint avec peu de musiciens, ils rivalisent difficilement avec des groupes de centaines de jeunes à l'orchestration bruyante qui intègre des cuivres et des « bidons », aux chorégraphies millimétrées. L'anonymat derrière le masque tend à disparaître. La musique, parfois enregistrée et diffusée sur cédé, intégrative de la jeunesse, remplace le chant devenu inaudible.

Singulier, le carnaval de Guyane ne se limite pas au mardi gras ou aux « jours gras » mais s'étale tous les week-end de l’Épiphanie au soir du mercredi des Cendres, originalité guyanaise puisque le mercredi des Cendres est le premier jour du carême. Chaque dimanche, les groupes constitués en association, les bandes constituées pour l'occasion et les voltigeurs (sans organisation) défilent dans les rues en musique. Les trois derniers jours du carnaval ponctuent une saison qui peut durer, selon le calendrier, jusqu'à 10 semaines.

Contrairement à l'idée reçue en Guyane, le carnaval guyanais n'est pas "le plus long du monde" et peut encore évoluer si les Zombi Barè Yo et consorts font preuve d'initiative et surtout de solidarité constructive. Regardez ce qu'une sous-préfecture de 10 000 habitants sait faire ... 

L'histoire du carnaval dans le temps et l'espace englobe l'histoire spécifique du carnaval en Guyane et en particulier des HOmmes et des femMEs de KOUMAN.

Cliquez ici pour découvrir les personnages, la musique et les chants du carnaval de Guyane dont KOUMAN porte la tradition.

Demain vous chanterez avec KOUMAN.

Descendants de l'homo sapiens moderne, les HOmmes et les femMEs du carnaval, de Guyane et de KOUMAN sont les acteurs et les actrices du miracle de la vie.

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Votre vie ne sera dorénavant plus la même.

Date de dernière mise à jour : 14/08/2022