Extrait : " Les instruments d’hier, à savoir vieilles casseroles, bouteilles vides, couteaux, fourchettes, cuillères, boîte de conserve, bidons d’insecticide ou canettes remplis de graines sèches ou de petits cailloux ont été remplacés aujourd’hui par les barils en pvc, les clarinettes, les trombones...
Toutes les parties du corps sont sollicitées : la bouche ... les bras, les jambes… Les corps vibrent à l’unisson. On tape dans ses mains. On chante. On hurle de joie. Certains n’hésitent pas parfois à pousser des petits cris stridents ou encore à utiliser un petit sifflet pour soutenir le rythme rapide, alerte et cadencé de la marche du groupe. On court plus qu’on ne marche...
La polysémie des chants accentue la dérision, l’aspect paillard, le caractère grivois de ces derniers. Images, métaphores, onomatopées sont, d’ailleurs, renforcées par des gestes comiques, des nikas (entrechats, cabrioles), provocateurs et suggestifs, par des scénographies improvisées, mais qui ont aujourd’hui disparu avec la règlementation imposée pour les parcours.
D’une manière générale, ces chants de rue sont de type responsorial. Il s’agit d’une technique impliquant un dialogue entre un soliste et un chœur... Si les airs, demeurent le plus souvent inchangés, les paroles en revanche n’ont cessé et ne cessent d’évoluer ; et ce, au gré du cadre temporel, de la situation socio-culturelle, du contexte politique, et tout simplement des individus créateurs et/ou chanteurs-interprètes".